11 février 2008

Psychose

Vous rencontrerez sans doute des gens lents à comprendre, ou, plus simplement, qui ont du mal à admettre qu'ils sont gens de peu d'esprit et de corps inexistant. Pas de force vitale. Un quart de vie pour tout bagage, et encore. Ils usurperont un peu de la vôtre, en se brûlant, pour avoir l'impression d'être. Ce manque cruel - certes, la vie est injuste, j'en conviens - de vitalité marque aussi de son sceau d'infamie leur capacité de penser. Elle poisse, elle peine à voir. Ces médiocres se déplacent en groupe. Ils se croient meute de loups, ne sont que troupeau de pleutres. Animaux de boucherie.

Ils useront souvent de vilennie, qui leur sied bien, et pleureront dès que vous les tancerez. Les leçons que vous leur donnerez leur cuiront, aussi evanescentes qu'elles vous paraissent. Car, d'ordinaire, ces soldats fanfarons bombent le torse devant le vide ou s'habituent à bravacher quand ils croient que vous ne les observez pas. Ils vous jettent aussitôt Terence, alors que tout naît de la mâchoire, dès lors que vous leur donnez leur juste valeur. Qui sont-ils donc pour se réclamer de Terence ?

Personne. Les Anciens parlent aux hommes. Ils parlent en vivants aguerris, pas en limaces et autres invertébrés. Pour comprendre les Anciens, deviens de la couleur des morts. Pas de celle des momies qui craignent l'issue de la vie en se berçant de croyances. Pire, de celle des dévots de Molière : un code moral dans une main afin de gagner le paradis des couards, l'autre agit comme bon lui semble.

<< Mais, je désire les mettre debout, en faire des vivants, enfin. Comment ? >> Ivres de fiction. Commencez par les sevrer. À la fiction, une fiction autre. Une de celles qu'ils n'aiment pas, tout en étant fascinés par elle. Vous verrez leur moue dégoûtée tandis que leur regard est avide. Tout ce qu'ils souhaiteraient être est là. Loin de leur corps faible, maigre, devenu prison, et de cet organe, auquel ils croient avoir tout sacrifié, qui fait leur orgueil illusoire. Long plan voyage.

Tu quémandais quelque explication sur la notice ? Viens, je t'emmène vers ce qui distingue vivre et mourir : l'Absolue Beauté.

Park Chan-Wook, Old Boy

Buddy's on a mission

Posté par monsieur_canard à 01:17 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Psychose

    Je ne sais pas comment j'ai fait pour réussir à voir ce film sans l'arrêter, et l'avoir apprécié - malgré quelques passages un peu zappés, à force de se recroqueviller yeux fermés. Mais je reconnais que cet extrait sied bien à la situation.

    Posté par Eli, 11 février 2008 à 22:25 | | Répondre
Nouveau commentaire