02 juillet 2008

Silouhette

En contre-jour, sur le ciel incendié, destrier harrassé, la gravure allemande d'un cavalier fourbu songe à des valeurs.

Un jour, non loin d'un parc, j'ai laissé se poser une tête sur mon épaule, et puis j'ai fermé les yeux et abandonné la mienne sur la sienne. Les chevaux de bois, les carrosses, on savoure l'ivresse en oubliant que le lendemain on aura soif et que les pensées crèveront avec mollesse la surface d'une mer de bitume. On oublie qu'on se ment, qu'on se sait trahi.

Ensuite j'ai marché. Obstination, je suis de tête et de jambes, j'endure. Rien n'indiquait qu'au terme attendrait le pur, le droit, la force tempérée de souplesse, la pudeur.

L'évidence échappe souvent à la jeunesse.

"On lâche rien !" taille le mousquetaire. Que les faux cyniques raillent sa naïveté, la nôtre, tant qu'ils le souhaitent ; nos équipes arriveront encore premières de la C.O. même si certains se perdent et se blessent. Personne, nous n'abandonnons personne. Aristocratie.
Combien la route fut longue pour venir jusqu'à nous, peu à ficher autant de foulées que nécessaires pour atteindre le terme.

Jacques Brel, La Ville s'endormait

Posté par monsieur_canard à 17:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Silouhette

    Vos messages m'ont bien intriguée. Je veux tout savoir, gardez-moi cela jusqu'à la dernière miette =)

    Posté par Eliness, 02 juillet 2008 à 19:42 | | Répondre
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