19 mars 2008

Cercle

Souvent on entend désapprouver les activités sportives impliquant lutte et coups.

À celle ou celui qui aime ces spectacles, le bon goût outré jette un regard de mépris. Quoi de plus beau pourtant que le corps entraîné, et le geste efficace ? Mais tout se confond dans l'esprit des contempteurs. Ils veulent le marbre grec, des muscles de bronze, les guerres épiques, en oubliant pancrace et hoplites. Voyant un athlète affûté monter sur le ring, ils ferment les yeux, la moue dégoûtée. C'est aller trop vite... Au pancrace les poings étaient bandés de cuir, et les impacts d'une puissance bien plus traumatisante que dans notre boxe anglaise désormais policée.

Je n'aime pas ces gens qui veulent la vie sans la prédation. Sous leurs allures bienveillantes, je sens les monstres inhumains. Les faiseurs de victimes prospérant en charognards. Des étrangleurs sournois, esclaves de leurs peurs de l'homme tentant de vous asservir. Ils vous tutoient et vous cajolent pour mieux vous étouffer. Bêlant la solidarité, ils ne proposent pour intérêt partagé que d'oublier qu'on vit. Substituons à leurs anesthésies la fraternité, celle que l'on éprouve pour l'adversaire par communauté de destin.

La violence régulée a précisément cette vertu de séparer l'homme de la bête.

Andi Hug, "i" car il était suisse allemand. Le patronyme convient avec ironie.
Relire Musachi Miyamoto.

Rammstein, Sonne et Eskimos und Egypt

Posté par monsieur_canard à 20:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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