04 février 2008

Poli

Michelangeli.

Le nom seul constitue un programme.

Pas de compromis. On lui repproche d'avoir eu des caprices de diva, d'avoir annulé des concerts au dernier moment. L'homme se montrait maniaque jusqu'à l'obsession en tout ce qui avait trait à son instrument, qui le suivait partout et dont il connaissait la mécanique au point de savoir la régler. Certes la figure se pose en antithèse de la bonhomie d'un Richter, capable de ne pas regretter une prestation sur un méchant instrument, si l'on en croit Daniel Magne. Et puis Michelangeli se montrait parfois cassant par des déclarations peu amènes sur le droit à la musique, loin du ton souvent humoristique de Gould.

Mais quand on l'écoute, il devient malséant de se permettre plus longtemps d'accumuler des anecdotes. On observera juste, pas même les mains, mais le travail de la pédale. Sa parfaite justification dans l'énonciation du discours, sa présence nécessaire et suffisante, qui n'entretient jamais un halo harmonique, au contraire, qui donne cohérence à l'ensemble. Puis décortiquer. La maîtrise de la courbe des phrases, la respiration, la parfaite régularité sans la moindre rigidité, les parcelles de temps suspendues avant la reprise d'un thème, comme un décalage à peine perceptible, la pulsation. C'est la vie même qui coule, pure.

Pas de décalage cette fois ? Non ! Et ne vous plaignez pas du dernier Gould, fermez les yeux pour l'écouter, ce sera mieux. Ou offrez-vous les films de Bruno Monsaingeon.

Arturo Benedetti Michelangeli

Scarlatti, Sonate en Si mineur, op. 449

Posté par monsieur_canard à 18:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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